L'autorité française de protection des données, la Cnil, a lancé des démarches pour examiner la conformité d'un collier IA appelé "Friend". Cette initiative fait suite à une campagne publicitaire massive dans les métros de Paris et New York qui a suscité de vives inquiétudes concernant la vie privée.
Le dispositif, vendu 113 euros pour l'Union européenne par une start-up américaine, fonctionne comme un compagnon virtuel. Le site du produit explique : «Vous pouvez discuter avec votre ami via le pendentif et il peut entendre tout ce qui se passe autour de lui à toute heure.» Les réponses sont transmises via smartphone grâce à l'intelligence artificielle Gemini de Google.
Préoccupations sur la collecte de données
Charlotte Vautier, une journaliste française qui a testé le collier pendant une heure, a soulevé des questions inquiétantes. L'application exige de «cocher plusieurs cases pour dire que tu acceptes de donner les droits d'enregistrement des personnes qui t'entourent, sans męme leur demander à eux». Elle a également noté : «Le galet ne s'éteint pas, le voyant lumineux reste allumé. Je n'ai pas réussi à savoir s'il continuait d'écouter, alors męme que l'application est fermée.»
Jérémie Iordanoff, député écologiste, a alerté la Cnil dans un courrier évoquant «de forts soupçons de manquements aux obligations» en matière de protection de la vie privée.
La Cnil a réagi en soulignant que «le dispositif peut entraîner une collecte massive de données - possiblement sensibles: santé, opinion politique, orientation sexuelle». L'autorité s'interroge également «sur le sort des données, leur lieu de stockage, leur sécurisation et sur leur possible réutilisation à des fins d'entraînement du système d'IA». Elle prévoit de contacter Friend pour «examiner sa conformité au RGPD».
Réactions publiques et vandalisme
La campagne publicitaire saturant les métros, avec des messages comme «Je serai toujours d'accord pour prendre un café avec toi» ou «je ne laisserai jamais de vaisselle dans l'évier», a provoqué des réactions virulentes. Des affiches ont été arrachées et taguées.
Avi Schiffmann, le fondateur franco-américain de 23 ans, assume cette stratégie provocatrice. «J'ai trouvé qu'en faisant ces campagnes provocatrices dans le métro, surtout lorsque les gens réagissent en les taguant ou les arrachant, ça déclenche une discussion», a-t-il déclaré, ajoutant que «c'est très cool à voir».
Fabrice Epelboin, professeur en géopolitique du cyber, analyse ces actes de vandalisme comme une «réaction néo-luddite (rejet du progrès technique, NDLR) généralisée qui prend une forme délinquante». Il observe : «c'est plus facile d'attaquer une affiche dans le métro qu'un data center en banlieue éloignée!»
Un marché en expansion
Le collier est vendu aux États-Unis depuis octobre 2023. Les chiffres de diffusion varient selon les sources : 3.000 exemplaires écoulés aux États-Unis ont été rapportés en octobre, tandis que Schiffmann affirme avoir «atteint plus de 200.000 utilisateurs», sans préciser s'il s'agit d'achats du collier.
Le fondateur défend son produit en affirmant qu'il est «plus fiable que d'autres chatbots» grâce à des «souvenirs» cryptés. Il a refusé de commenter ses échanges avec les autorités françaises.
Schiffmann vise particulièrement la génération alpha, née après 2010. «Chaque génération est marquée par une révolution sociale», explique-t-il. «Pour la mienne, c'étaient les réseaux sociaux», poursuit l'entrepreneur de 23 ans, «et je pense que les compagnons IA marqueront la nouvelle génération alpha».
Source : AFP. Note : Cet article a été créé avec l'Intelligence Artificielle (IA).

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